En 2025, la Colombie a accueilli 6 496 434 visiteurs non résidents, dont 4 677 267 étrangers (un troisième record annuel consécutif sur ce périmètre)3. Les dépenses des visiteurs internationaux en Colombie ont généré 11,17 milliards USD de revenus en devises étrangères en 20253. Le secteur représente 2,16 % du PIB et emploie directement 899 204 personnes en 2024, dernières données disponibles5. Le tourisme interne représente 54,8 millions de voyages avec nuitée en 20245. La France a envoyé 92 884 visiteurs en 2025, un record, faisant d’elle le 14ᵉ marché émetteur et le 2ᵉ marché européen après l’Espagne1.
Données clés : 4 677 267 étrangers non résidents (source stable dans toutes les publications officielles) — Période couverte : 2019–2025 — Dernière mise à jour : avril 2026 — Sources et méthodologie détaillées en bas de page — Note : la méthode de comptage a changé en 2022, ce qui rend les comparaisons, avant/après cette date, uniquement indicatives.
Le tourisme colombien a changé d’échelle. En une décennie, la Colombie est passée d’une destination confidentielle à un géant sud-américain, la deuxième destination d’Amérique du Sud en nombre de visiteurs non résidents. Derrière cette transformation, des chiffres : ceux des institutions officielles colombiennes (ministères, instituts de statistiques, agences de promotion) que nous avons compilés, croisés et analysés pour produire ce rapport.
Nous sommes Angélica et Samuel, nous vivons en Colombie, nous voyageons à travers le pays et nous observons les effets du développement touristique : les rues de Cartagena bondées en haute saison, les fincas de l’Eje Cafetero qui se remplissent, l’offre hôtelière de Medellín qui se métamorphose. Pour ce rapport nous tentons une lecture des données à travers le prisme de ce que nous constatons sur le terrain.
Ce que vous trouverez ici : toutes les données officielles du tourisme colombien, structurées, sourcées et analysées en français, une première dans l’espace francophone. Un document de référence que nous mettrons à jour chaque année.
Bon à savoir
Sigles utilisés dans cet article
MinCIT : ministère du Commerce, de l’Industrie et du Tourisme · OEE : bureau d’études économiques du MinCIT · DANE : institut national de statistiques · CST : Cuenta Satélite de Turismo, compte satellite du tourisme du DANE · ProColombia : agence de promotion du tourisme et des exportations · ANATO : association colombienne des agences de voyages · Cotelco : association colombienne des hôteliers · Fontur : fonds national du tourisme · RNT : Registro Nacional de Turismo, registre officiel des prestataires touristiques · WTTC : World Travel & Tourism Council, organisme mondial de référence du secteur · ACOTUR : association colombienne du tourisme responsable · PDET : programmes de développement territorial issus de l’accord de paix de 2016
Sommaire
Combien de touristes visitent la Colombie ? Évolution 2019–2025
La Colombie a accueilli 4 677 267 visiteurs étrangers non résidents en 2025, un troisième record historique consécutif pour cette catégorie de visiteurs (+3,8 % vs 2024)1.
En incluant les Colombiens résidant à l’étranger et les croisiéristes, le total atteint 6 496 434 visiteurs non résidents en 2025, en recul de 8,2 % par rapport aux 7,1 millions de 20241 3, une baisse imputable à la chute des retours de la diaspora colombienne et non à un repli du tourisme étranger, qui reste en hausse (voir « Bon à savoir » ci-dessous). En 2024, ce record toutes catégories avait été salué par la Presidencia de la República2.
Le rythme de croissance des arrivées étrangères décélère nettement (+24,3 % en 2023, +10,5 % en 2024, +3,8 % en 2025). Plusieurs hypothèses se conjuguent pour expliquer cette décélération : la normalisation après le rattrapage post-COVID, le plafonnement progressif de la connectivité aérienne directe (cf. encadré ci-dessous), et une offre déjà bien développée dans les destinations principales, dont la fréquentation tendrait vers ses limites. La Colombie consolide désormais un plateau supérieur à 4,5 millions de visiteurs étrangers par an, soit 66 % de plus qu’en 2019. Reste à savoir si ce plateau est un palier ou un plafond, les données 2026 permettront de trancher.
Visiteurs non résidents (2019–2025)
| Catégorie | 2019 | 2022 | 2023 | 2024 | 2025 |
|---|---|---|---|---|---|
| Étrangers non résidents | 2 814 025 | 3 279 931 | 4 077 639 | 4 504 530 | 4 677 267 |
| Colombiens non résidents | 955 206 | 1 274 093 | 1 747 291 | 2 259 668 | 1 498 600 |
| Croisiéristes | 361 529 | 170 459 | 354 392 | 310 282 | 320 567 |
| Total | 4 130 760 | 4 724 483 | 6 179 322 | 7 074 480 | 6 496 434 |
Ce que les chiffres racontent
Que recouvrent ces 4,68 millions ? Le chiffre des étrangers non résidents agrège plusieurs réalités, déclarées à l’arrivée par chaque voyageur à Migración Colombia1 : environ 80 % « vacances », 6 % affaires, 6 % transit aérien, 8 % autres motifs (un poste fourre-tout regroupant éducation, santé, religion, visites familiales déclarées, etc.). « Tourisme » est ici un mot-valise : beaucoup de voyageurs cochent « vacances » à l’arrivée pour des séjours dont la réalité est dominée par la famille ou le travail, ce que confirme l’enquête EVI du DANE conduite à la sortie des aéroports (note H).
L’effet hub : le transit gonfle la croissance affichée. C’est sur le motif transit que la dynamique récente est la plus marquante : environ 269 000 voyageurs en 2025 contre 215 000 en 2024, soit +25 % en un an, reflet de la montée en puissance de Bogotá comme hub aérien régional1. Une fois le transit retiré de part et d’autre, la croissance des « vrais visiteurs » 2024-2025 ressort à +2,8 % au lieu de +3,8 %. En cinq ans, la part du transit dans le total des étrangers a doublé (3 % en 2020, 5,7 % en 2025) : la Colombie devient progressivement aussi un point de passage aérien, en plus d’une destination de séjour.
Une reprise précoce, partagée avec l’Amérique latine. Dès 2022, la Colombie dépassait son niveau d’arrivées étrangères de 2019 (+16,6 %), alors que le tourisme mondial n’a retrouvé son niveau pré-pandémique qu’en 2024 (ONU Tourisme12). Cette précocité n’est pas une exception colombienne : le Mexique, le Costa Rica et la République Dominicaine ont suivi une trajectoire comparable, traduisant un rebond régional latino-américain antérieur à la moyenne mondiale. La Colombie en a bénéficié grâce à une connectivité aérienne renforcée, à l’essor de Medellín comme destination internationale et à un taux de change favorable au dollar.
Bon à savoir
Connectivité aérienne
La Colombie est connectée à 54 destinations internationales via 27 compagnies aériennes, desservant 11 villes colombiennes 10. Au premier semestre 2025, l’offre cumulait 38 721 vols programmés et 7,3 millions de places, soit +11,5 % de vols et +13,8 % de places par rapport à l’année précédente. Le trafic aérien international a atteint 20,9 millions de passagers sur janvier-novembre 2024 (+18,3 % vs 2023), et le trafic national 29,8 millions (+13,9 %) sur la même période2.
Étrangers en hausse, total en recul : comprendre le décalage 2025. Le total des visiteurs non résidents 2025 (6,5 millions) recule de 8,2 % par rapport au record de 2024, alors que les étrangers non résidents progressent de 3,8 % et les croisiéristes de 3,3 %. Le décalage tient entièrement à la chute des retours de Colombiens résidant à l’étranger3, elle-même liée à un mécanisme méthodologique : Migración Colombia complète après coup le pays de résidence des voyageurs en recoupant avec leurs passages précédents, ce qui peut modifier les chiffres plusieurs mois après leur publication initiale. Ce traitement a gonflé les chiffres 2024 et peut encore faire évoluer ceux de 2025. C’est pourquoi la série des étrangers non résidents, passée de 68 % à 72 % du total entre 2019 et 20251 3, fait office d’indicateur de référence dans cet article : elle n’est pas affectée par ces aléas de comptage.
D’où viennent les touristes ? Top 15 des pays émetteurs
Bon à savoir
Pays ou marché émetteurs
En terminologie touristique, un pays émetteur ou un marché émetteur désigne le pays d’où proviennent les voyageurs.
Les États-Unis dominent le marché avec 1 187 678 visiteurs en 2025, soit 25,4 % du total des étrangers non résidents1. Ils sont suivis du Mexique (413 490, 8,8 %), de l’Équateur (324 583, 6,9 %) et du Pérou (251 528, 5,4 %).
Évolution des principaux marchés émetteurs (2019–2025)
| Pays | 2019 | 2023 | 2024 | 2025 |
|---|---|---|---|---|
| États-Unis | 705 359 | 1 090 125 | 1 194 690 | 1 187 678 |
| Mexique | 198 455 | 318 216 | 365 560 | 413 490 |
| Équateur | 159 165 | 338 935 | 348 535 | 324 583 |
| Pérou | 180 664 | 188 439 | 212 085 | 251 528 |
| Panama | 129 528 | 197 051 | 203 890 | 202 245 |
| Chili | 142 085 | 174 055 | 200 731 | 200 705 |
| Brésil | 156 883 | 147 528 | 159 748 | 199 560 |
| Espagne | 129 263 | 149 197 | 166 653 | 192 854 |
| Costa Rica | 48 797 | 139 453 | 192 549 | 167 554 |
| Argentine | 174 807 | 101 266 | 110 478 | 134 802 |
| Rép. Dominicaine | 32 311 | 115 787 | 133 619 | 125 963 |
| Canada | 73 515 | 93 985 | 101 703 | 103 466 |
| France | 86 657 | 82 537 | 88 047 | 92 884 |
| Guatemala | 24 173 | 42 841 | 63 544 | 78 245 |
| Allemagne | 77 161 | 72 013 | 71 972 | 71 771 |
| Pays | Variation 2019-2025 | Variation 2023-2025 |
|---|---|---|
| États-Unis | +68,4 % | +8,9 % |
| Mexique | +108,4 % | +29,9 % |
| Équateur | +103,9 % | −4,2 % |
| Pérou | +39,2 % | +33,5 % |
| Panama | +56,1 % | +2,6 % |
| Chili | +41,3 % | +15,3 % |
| Brésil | +27,2 % | +35,3 % |
| Espagne | +49,2 % | +29,3 % |
| Costa Rica | +243,4 % | +20,2 % |
| Argentine | −22,9 % | +33,1 % |
| Rép. Dominicaine | +289,8 % | +8,8 % |
| Canada | +40,7 % | +10,1 % |
| France | +7,2 % | +12,5 % |
| Guatemala | +223,7 % | +82,6 % |
| Allemagne | −7,0 % | −0,3 % |
La suprématie américaine
Les États-Unis dominent très largement avec près de 1,2 million de visiteurs en 2025, soit plus de 68 % d’augmentation par rapport à 2019. Environ un touriste étranger sur quatre en Colombie est américain.
Cependant, en 2025, et pour la première fois depuis la reprise post-COVID, le marché américain marque le pas avec une très légère baisse de −0,6 % par rapport à 2024, suggérant un palier autour de 1,2 million de visiteurs annuels. Une situation à surveiller pour le 1ᵉʳ marché de visiteurs en Colombie.
La recomposition latino-américaine
La hiérarchie des marchés latino-américains s’est profondément reconfigurée depuis 2019. Le Mexique a doublé son volume (+108 %) pour s’installer au 2ᵉ rang. Trois marchés d’Amérique centrale et caraïbe ont littéralement explosé : la République Dominicaine (+290 %), le Costa Rica (+243 %) et le Guatemala (+224 %), quasi absents du top en 2019, y figurent désormais solidement. À l’inverse, l’Argentine, autrefois 4ᵉ marché (175 000 visiteurs en 2019), a chuté au 10ᵉ rang (−23 %), un repli vraisemblablement lié à la crise économique argentine de 2022-2024 et à la perte de pouvoir d’achat des Argentins en dollar — la Colombie reste, en pesos, une destination relativement chère depuis Buenos Aires.
Sur la période récente (2023-2025), les dynamiques les plus fortes viennent du Guatemala (+83 %), du Brésil (+35 %), du Pérou (+34 %) et de l’Argentine (+33 %, un rebond partiel après l’effondrement post-COVID), tandis que l’Équateur (−4 %) marque le pas.
L’Europe en arrière-plan de la dynamique latino-américaine
L’Europe représente environ 15 % des arrivées étrangères en 2025, en recul de 5 points par rapport à 2019 (20 %). L’Espagne domine le contingent européen avec 192 854 visiteurs (+49 % vs 2019), suivie de la France (92 884), de l’Allemagne (71 771) et des Pays-Bas (70 476).
La France est le deuxième marché européen (derrière l’Espagne). L’exemption de visa pour les Français et les vols directs Paris–Bogotá opérés par Air France et Avianca facilitent cette dynamique. Sur l’ensemble de la période 2019–2025, la croissance française reste modeste (+7,2 %), loin des marchés latino-américains les plus dynamiques. Elle s’est accélérée depuis 2023 (+12,5 % en deux ans), avec deux records annuels consécutifs en 2024 et 2025.
L’Allemagne, en revanche, est le seul marché européen du top 15 à reculer (−7 % vs 2019).
Combien le tourisme rapporte-t-il à la Colombie ? Recettes et PIB
Le tourisme a généré 11,17 milliards USD de recettes en devises en 2025, soit +9,4 % par rapport à 20243. Cela équivaut à 86 % des exportations pétrolières colombiennes et à plus du double des exportations de charbon et de café combinées4. La comparaison avec le pétrole bouge d’une année sur l’autre selon le cours du baril, mais la trajectoire de fond est claire : en une décennie, le tourisme est devenu l’une des premières sources de devises du pays.
Comprendre les indicateurs
Deux indicateurs principaux mesurent le poids économique du tourisme en Colombie. Ils sont complémentaires, mais ne couvrent pas le même périmètre :
- Les recettes en devises6 comptabilisent les flux de dollars entrants en Colombie grâce aux dépenses des visiteurs étrangers (hébergement, restaurants, transports, activités) et aux billets d’avion internationaux. C’est l’indicateur qui permet de comparer le tourisme aux autres sources de devises (pétrole, café, charbon).
- La contribution au PIB5 mesure la valeur ajoutée du secteur touristique, c’est-à-dire ce qui reste une fois soustraits les coûts intermédiaires (fournisseurs, matières premières, énergie). Elle intègre aussi les voyages des Colombiens à l’intérieur du pays (tourisme domestique), ce que les recettes en devises ne font pas. C’est pourquoi elle apparaît structurellement plus basse.
Recettes en devises (2019–2025)
| Année | Recettes (USD) | Variation |
|---|---|---|
| 2019 | 6,79 Milliards (Md) | Référence pré-pandémie |
| 2022 | 7,33 Md | +8,0 % vs 2019 |
| 2023 | 8,94 Md | +22,0 % annuel |
| 2024 | 10,20 Md | +14,1 % annuel |
| 2025 | 11,17 Md | +9,4 % annuel |
Les recettes en devises ont progressé de 64 % entre 2019 et 2025. Cette hausse est d’autant plus notable qu’elle intègre l’effondrement de 2020 (−72 %), ce qui signifie que la croissance effective s’est concentrée sur quatre années de reprise (2021–2025). Le tourisme international n’est plus un complément marginal de l’économie colombienne : il rivalise avec le pétrole comme source de devises.
Contribution au PIB (valeur ajoutée touristique)
La Cuenta Satélite de Turismo5 (Compte satellite de tourisme) du DANE (Institut national de statistiques) mesure la valeur ajoutée de l’ensemble du secteur touristique (international et domestique). Cet indicateur est complémentaire des recettes en devises : il est structurellement plus bas, car il reflète un périmètre différent, excluant les « consommations intermédiaires », une mesure de la richesse réellement créée par le secteur, après déduction de tout ce qu’il achète à ses fournisseurs (énergie, matières premières, sous-traitance).
| Année | Part du PIB | Observation |
|---|---|---|
| 2019 | 2,64 % | Référence pré-pandémie |
| 2022 | 2,17 % | Reprise |
| 2023 (provisionnel) | 2,23 % | Au-dessus de la moyenne 2019–2024 (2,02 %) |
| 2024 (préliminaire) | 2,16 % | Stabilisation |
Le choc pandémique avait fait chuter la part du tourisme à 1,25 % du PIB en 2020, avant une remontée progressive qui n’a pour le moment pas rattrapé le niveau de 2019.
Le PIB touristique paraît modeste (2,16 % en 2024) au regard des recettes en devises (10,20 milliards USD la même année), parce qu’il ne mesure que la valeur ajoutée, pas le chiffre d’affaires brut.
La dépense touristique brute totale atteignait 88 534 milliards COP5 en 2024, dont 49 165 milliards COP de tourisme récepteur (dépenses des étrangers en Colombie), 17 639 milliards COP de tourisme interne (Colombiens en Colombie) et 21 730 milliards COP de tourisme émetteur (Colombiens à l’étranger).
Dépense moyenne par touriste
La dépense moyenne par touriste étranger par voie aérienne a atteint 1 642 USD par voyage au premier trimestre 2025, en hausse de +11,3 % par rapport au même trimestre de 2024, pour une durée moyenne de séjour de 16 nuits7.
La dépense varie considérablement selon la destination : Bogotá 102 USD/jour, Antioquia 120 USD/jour, Bolívar (Cartagena) 212 USD/jour8. L’écart Bogotá–Cartagena, du simple au double, reflète le positionnement premium de Cartagena et le coût plus élevé de l’hébergement et de la restauration dans le centre historique.
Sur l’année complète 2025, les dépenses par carte de crédit des touristes étrangers ont totalisé 2 480 millions USD (+5,2 % vs 2024), un record historique23.
Et en 2025 ? Un paradoxe entre flux et valeur ajoutée
Les recettes en devises battent des records, la dépense par touriste progresse, mais cette dynamique se traduit-elle en croissance réelle pour le secteur hôtelier et de la restauration ?
La CST du DANE5, seul outil capable de mesurer précisément le poids du tourisme dans l’économie, ne sera mise à jour qu’au second semestre 2026. Mais les comptes nationaux trimestriels, publiés en février 2026, offrent un premier signal indirect : la branche « hébergement et restauration », qui dépasse le seul périmètre touristique, mais en constitue le socle, n’a crû que de +0,5 % en termes réels (hors inflation) sur l’ensemble de l’année 2025, contre +2,6 % pour le PIB colombien et +7,5 % pour le commerce de détail15. Côté dépenses des ménages, la catégorie « restaurants et hôtels » affiche une dynamique comparable (+1,1 %)15.
Une quasi-stagnation en « termes réels » (c’est-à-dire une fois l’inflation prise en compte), en décalage frappant avec le record de 4,68 millions de visiteurs étrangers enregistré la même année. Ce paradoxe apparent pourrait s’expliquer par la pression concurrentielle (essor de la location touristique informelle), par un « effet de composition », un changement dans le profil des visiteurs (davantage de touristes dépensant moins par nuit dans l’hébergement formel) ou par un simple « effet de base », un ralentissement mécanique après plusieurs années de rattrapage post-COVID. La prochaine Cuenta Satélite de Turismo du DANE permettra de trancher.
Combien d’emplois le tourisme crée-t-il en Colombie ?
Le secteur touristique colombien emploie directement 899 204 personnes en 2024, soit +8,4 % par rapport à 2023 (829 361)5. Pour donner un ordre de grandeur, cela représente davantage que la population active d’une ville comme Barranquilla.
Qui sont ces travailleurs du tourisme ?
Six emplois sur dix se concentrent dans l’hébergement et la restauration, le socle de l’économie touristique. Mais ce sont les activités culturelles, sportives et récréatives qui affichent la plus forte croissance (+12,8 %), signe d’une offre qui se diversifie au-delà de l’hôtel et du restaurant.
| Activité | 2023 | 2024 | Part | Croissance |
|---|---|---|---|---|
| Hébergement et restauration | 503 089 | 539 324 | 60,0 % | +7,2 % |
| Services culturels, sportifs et récréatifs | 156 666 | 176 667 | 19,6 % | +12,8 % |
| Transport de passagers | 103 487 | 108 226 | 12,0 % | +4,6 % |
| Agences de voyages et réservation | 37 260 | 39 963 | 4,4 % | +7,3 % |
| Autres services touristiques | 28 859 | 35 026 | 3,9 % | +21,4 % |
| Total | 829 361 | 899 204 | 100 % | +8,4 % |
La structure de ces emplois révèle un trait fondamental : en 2023, les revenus générés par les travailleurs indépendants du tourisme (guides, chauffeurs, propriétaires de petits hôtels et restaurants familiaux) atteignaient 12 099 milliards COP, soit environ 1,5 fois la masse salariale de l’ensemble des employés du secteur (8 224 milliards COP)5. En comptabilité nationale, ces revenus mêlent rémunération du travail et profit de l’activité, ce que la comptabilité nationale appelle ingreso mixto.
Autrement dit, le tourisme colombien est majoritairement porté par des indépendants, guides, chauffeurs, artisans, propriétaires de petits hôtels et restaurants familiaux, plutôt que par de grandes entreprises — un trait qui n’est pas propre au tourisme : l’économie colombienne dans son ensemble repose largement sur le travail indépendant et l’informel. C’est ce qui rend le secteur socialement crucial : il irrigue directement les ménages. Cette structure présente toutefois un risque : les indépendants, dépourvus d’amortisseurs sociaux (chômage, épargne salariale), ont été les plus exposés lors de la fermeture des frontières en 2020, comme en témoigne la chute de 55 % de la valeur ajoutée touristique cette année-là5. La reprise vigoureuse de l’emploi depuis (+8,4 % en 2024) montre la capacité de rebond du secteur, mais ne garantit pas sa résistance à un prochain choc.
Une machine économique de 88 534 milliards de pesos
En 2024, la dépense touristique brute en Colombie a atteint 88 534 milliards de COP5.
Ce montant ne doit pas être comparé aux recettes en devises (10,20 milliards USD en 2024) : il agrège trois composantes dont seul le tourisme récepteur génère des entrées de devises étrangères, les deux autres, les voyages des Colombiens dans leur propre pays (tourisme interne) et leurs dépenses pour voyager à l’étranger (tourisme émissif), circulant en COP ou sortant du pays.
| Type de tourisme | Dépense (Mds COP) | Part | Ce que ça inclut |
|---|---|---|---|
| Étrangers visitant la Colombie (tourisme récepteur) | 49 165 | 56 % | Ce que les 4,4 millions de visiteurs étrangers dépensent sur place |
| Colombiens voyageant en Colombie (tourisme interne) | 17 639 | 20 % | Les 54,8 millions de voyages domestiques avec nuitée |
| Colombiens voyageant à l’étranger (tourisme émissif) | 21 730 | 24 % | Billets, agences, assurances, achetés en Colombie avant le départ |
Le tourisme récepteur domine la dépense (56 %), mais représente moins de 8 % du nombre de voyages : 4,4 millions de visiteurs étrangers5, contre 54,8 millions de voyages domestiques avec nuitée5 (c’est-à-dire incluant au moins une nuit sur place, par opposition aux excursions à la journée).
En d’autres termes, le touriste étranger génère une dépense par voyage sans commune mesure avec celle du voyageur domestique (49 165 mds COP pour 4,4 millions de voyages, contre 17 639 mds pour 54,8 millions), ce qui explique la prédominance du récepteur en valeur malgré un volume douze fois inférieur. C’est pourtant le tourisme interne qui, par son volume, fait vivre l’essentiel du tissu hôtelier et de restauration dans les petites villes et les destinations secondaires que les étrangers ne fréquentent pas encore.
Perspectives
Le WTTC (World Travel & Tourism Council, organisme mondial de référence du secteur) projette que 7,1 % de la main-d’œuvre colombienne sera liée au secteur touristique d’ici 2034, contre 5,4 % en 2024 selon ses propres calculs14. Le périmètre WTTC inclut les emplois directs, indirects (fournisseurs) et induits (dépenses des employés), à la différence des 899 204 emplois directs de la CST DANE cités plus haut (voir note D sur la non-comparabilité des périmètres). Si la projection se concrétise, elle ferait du tourisme l’un des premiers employeurs du pays, et rendrait d’autant plus urgente la formalisation d’un secteur encore largement artisanal.
Où vont les touristes en Colombie ? La concentration géographique
Trois départements, Bogotá, Antioquia et Bolívar, captent à eux seuls 80 % des arrivées d’étrangers non résidents en 20259. Avec Valle del Cauca, ce chiffre monte à 86 %. Les 29 départements restants se partagent les 14 % restants, un tourisme étranger encore très concentré géographiquement, même si la hiérarchie interne s’est profondément recomposée en six ans.
Première destination déclarée par les touristes étrangers : top 10 des villes (2019–2025)
| Ville | 2019 | 2023 | 2024 | 2025 |
|---|---|---|---|---|
| Bogotá | 1 259 413 | 1 598 339 | 1 673 115 | 1 675 036 |
| Medellín | 417 611 | 790 135 | 1 048 471 | 1 143 678 |
| Cartagena | 528 687 | 742 146 | 851 087 | 853 789 |
| Cali | 179 294 | 205 578 | 214 570 | 210 215 |
| San Andrés | 94 858 | 69 743 | 84 012 | 117 665 |
| Barranquilla | 60 723 | 94 180 | 100 749 | 93 492 |
| Santa Marta | 30 949 | 64 155 | 58 264 | 69 273 |
| Pereira | 25 830 | 42 128 | 47 448 | 50 541 |
| Bucaramanga | 17 848 | 25 649 | 28 317 | 29 461 |
| Armenia | 11 949 | 17 565 | 19 533 | 19 284 |
À elles quatre, Bogotá, Medellín, Cartagena et Cali représentent 84,5 % des arrivées étrangères en 2025, une concentration quasi identique à 2019 (85,3 %). La diversification se fait au sein de ce quatuor, pas en dehors. Les dix premières villes en captent 92,7 %, laissant moins de 8 % au reste du pays.
Répartition des arrivées étrangères entre les quatre premières villes (2019–2025)
| Ville | 2019 | 2023 | 2024 | 2025 |
|---|---|---|---|---|
| Bogotá | 45,0 % | 39,9 % | 37,8 % | 36,4 % |
| Medellín | 14,9 % | 19,7 % | 23,7 % | 24,9 % |
| Cartagena | 18,9 % | 18,5 % | 19,2 % | 18,6 % |
| Cali | 6,4 % | 5,1 % | 4,8 % | 4,6 % |
| Part cumulée | 85,3 % | 83,2 % | 85,5 % | 84,5 % |
Ce qui ne change pas
Un podium figé : Bogotá, Medellín et Cartagena : le top 3 capte 79,9 % des arrivées étrangères en 2025, quasi-stable par rapport à 2019 (78,9 %). Cette concentration extrême est en grande partie structurelle : elle reflète l’infrastructure aéroportuaire internationale du pays bien plus que la diversité de l’offre touristique. Ce sont aussi les régions historiquement les plus touristiques de Colombie.
Cartagena tient son rang : ni gagnante ni perdante de la recomposition. Stable autour de 19 % des arrivées étrangères avec une progression en volume légèrement inférieure à la moyenne nationale (+61,5 % vs 2019), la ville coloniale reste la première destination balnéaire avec plus de 850 000 arrivées en 2025.
Bon à savoir
Tourisme de croisière
Au-delà des arrivées par voie aérienne, Cartagena capte l’essentiel du tourisme de croisière colombien : 320 567 passagers en 2025 (+3,3 % vs 2024), et la saison 2025–2026 est projetée à 365 000 voyageurs pour 182 escales11. Ce flux, non comptabilisé dans les parts ci-dessus (calculées sur les arrivées aériennes), renforce encore le poids de Cartagena dans l’économie touristique du pays.
Cali ne profite pas pleinement de la croissance : Avec +17 % d’arrivées étrangères depuis 2019, la quatrième ville du pays progresse près de quatre fois moins vite que la moyenne nationale (+64 %), et sa part dans le total recule de 6,4 % à 4,6 %. Desserte aérienne internationale limitée, perception sécuritaire de la région, positionnement touristique peut-être moins lisible que le trio Bogotá–Medellín–Cartagena : les facteurs sont probablement multiples, mais aucune étude ne les hiérarchise à ce jour.

L’avis d’Angélica & Samuel
Lors de la COP16 en octobre 2024, on a senti un vrai engouement autour de Cali : la presse internationale en parlait, de nombreux professionnels s’y sont rendus, et on pensait que la dynamique allait se poursuivre. Et puis, comme souvent, les tensions sécuritaires dans la région, amplifiées par une couverture médiatique colombienne volontiers sensationnaliste, ont refroidi l’enthousiasme aussi vite qu’il était monté. C’est un schéma que nous observons régulièrement en Colombie : on travaille pour mettre en lumière un territoire, puis l’actualité sécuritaire reprend le dessus dans la perception internationale.
Medellín, la grande gagnante de la décennie
En 2020, Cartagena devançait encore Medellín. Depuis 2021, l’ordre s’est inversé et l’écart s’est creusé. Mais le basculement des flux touristiques de Bogotá vers Medellín est le fait structurel majeur de la période.
Bogotá perd 9 points de part en six ans tout en progressant de 33 % en volume absolu, une croissance deux fois inférieure à la moyenne nationale (+64 %). Medellín en gagne 10 avec près de trois fois plus de visiteurs qu’en 2019. Autrement dit, sur les 1,80 million de touristes étrangers gagnés par la Colombie entre 2019 et 2025, Medellín en a capté 40 % à elle seule, franchissant le million d’arrivées dès 2024.
Plusieurs facteurs expliquent cette trajectoire. La multiplication des vols internationaux directs vers l’aéroport José María Córdova, qui comptait 21 routes internationales en 202428, a mécaniquement élargi le bassin de visiteurs. L’attractivité de la ville auprès des travailleurs à distance y a également contribué : selon une étude de la firme Breakthrough, près de 8 300 nomades numériques arriveraient chaque mois à Medellín26, un phénomène qui échappe largement à la mesure officielle, le visa spécifique créé en 202227 n’avait capté que 618 demandes en huit mois d’existence. Pour autant, la contribution respective de chacun de ces facteurs reste difficile à établir, le Secrétaire au tourisme de Medellín a lui-même reconnu en 2025 que la ville ne disposait pas encore de chiffres consolidés29.

L’avis d’Angélica & Samuel
Nous le constatons nous-mêmes depuis quelques années, à Medellín, l’offre hôtelière a explosé, les restaurants internationaux se sont multipliés dans El Poblado et Laureles, et les vols internationaux directs vers l’aéroport José María Córdova se sont considérablement étoffés. Ce boom s’est aussi accompagné d’un revers : une gentrification à marche forcée de certains quartiers où les investisseurs étrangers ont pris le dessus et la multiplication des incidents impliquant des touristes étrangers25.
Les vraies croissances sont dans le top 5–10
Santa Marta (+124 %), portée par la réputation du Parc Tayrona ; Pereira (+96 %) et Armenia (+61 %) portées par l’attirance pour la région du café ; Bucaramanga (+65 %), porte d’entrée vers Barichara et San Gil ; Les destinations de nature et de culture tendent à progresser plus vite que la moyenne nationale (+64 %), mais partent de si bas qu’elles ne pèsent toujours que 3,6 % combinées.
San Andres passe de la 6e à la 5e place en 2025 avec +75 % de visiteurs par rapport à 2022, dépassant Barranquilla. Cela témoigne d’une demande croissante pour le tourisme insulaire et balnéaire dans les Caraïbes colombiennes.
Le tourisme intérieur dessine une autre carte
Des destinations comme le Boyacá, Leticia en Amazonas ou la côte Pacifique n’apparaissent tout simplement pas dans le classement des arrivées de touristes étrangers. Non parce qu’elles ne reçoivent pas de visiteurs, mais parce que leur poids reste marginal dans les statistiques d’entrée sur le territoire (basées sur la destination déclarée à l’immigration).
Les sites les plus visités en Colombie sont connus : Parc Tayrona, Salento et la vallée de Cocora, le village de Guatapé, le village de Palomino… voilà des destinations invisibles qui, pourtant, attirent toujours plus de visiteurs et connaissent même des problématiques liées au tourisme de masse.
Il faut donc prendre en compte que les chiffres de fréquentation étrangère ne racontent qu’une partie de l’histoire.
Une étude conjointe du MinCIT, de Cotelco (association colombienne des hôteliers) et de ProColombia, publiée en décembre 202524, révèle que des départements absents de notre classement connaissent une accélération simultanée de leur formalisation touristique (inscription des prestataires au registre officiel, mise aux normes, professionnalisation de l’offre), de leur connectivité et des dépenses des voyageurs, tant nationaux qu’internationaux.
Par exemple, le Cauca, porté par Popayán et ses processions de la Semana Santa inscrites au patrimoine immatériel de l’UNESCO, a connu une augmentation de +52 % de visiteurs (nationaux et internationaux) entre 2019 et 2024. Le Tolima, facilement accessible depuis Bogotá, a vu ses visiteurs augmenter de 45 % vers Ibagué entre 2023 et 2025. Quant au Nariño, corridor stratégique vers l’Équateur, son tissu d’entreprises touristiques a doublé24 sur la même période.
Ce dernier indicateur prend tout son sens à l’échelle nationale : la Colombie comptait environ 114 000 prestataires touristiques actifs au RNT en 2025, signe d’une formalisation accélérée du secteur24, même si une part significative de l’activité, notamment dans l’hébergement et les guides locaux, échappe encore au registre officiel11. L’investissement public accompagne ce mouvement.
La concentration du tourisme étranger dans le « top 4 » (Bogotá, Antioquia, Bolívar, Valle del Cauca) masque donc une dynamique complémentaire : la diversification géographique du tourisme colombien passe d’abord par les voyageurs colombiens eux-mêmes.
Tourisme et construction de la paix
Le choix des cinq départements étudiés par le MinCIT, Cotelco et ProColombia24 ne doit rien au hasard. Trois critères de sélection ont guidé l’analyse : la participation à des projets de l’ACOTUR (association colombienne qui promeut un tourisme responsable), l’avancement en tant que destinations durables certifiées, et la présence de communes classées PDET, c’est-à-dire les municipalités les plus affectées par le conflit armé, ciblées par ce programme de développement territorial issu des accords de paix de 2016.
Le lien entre tourisme et paix n’est pas qu’un slogan. Des territoires longtemps inaccessibles ou stigmatisés s’ouvrent progressivement aux visiteurs : Necocli en Antioquia, Tumaco et Pasto dans le Nariño, San José del Guaviare, Florencia dans le Caqueta, les Montes de Maria et San Basilio de Palenque dans le Bolívar, Popayan et Silvia dans le Cauca24. L’étude montre que là où convergent investissement public, connectivité et formalisation de l’offre, le tourisme fonctionne comme un levier de reconversion économique pour des communautés qui dépendaient auparavant d’économies illicites ou de subsistance.
Le Cauca illustre bien ce mécanisme : l’investissement du MinCIT y a été multiplié par cinq en cinq ans et le nombre de prestataires formels a doublé24, alors même que le département reste l’un des plus affectés par les violences liées aux groupes armés encore actifs. Le Tolima, ancien couloir de guérilla, accueille désormais plus d’un million de passagers terrestres par semestre vers Ibagué et affiche un taux d’occupation hôtelière en hausse de 56,7 % par rapport à l’avant-pandémie24.
Le pari est clair : faire du tourisme un dividende concret de la paix. Il reste fragile, les défis d’ordre public n’ont pas disparu, mais les chiffres suggèrent qu’il commence à porter ses fruits.

L’avis d’Angélica & Samuel
Pour nous, l’avenir du tourisme en Colombie est là. Dans sa capacité à sortir les territoires oubliés de l’engrenage de la violence à travers un tourisme vertueux, qui montre aux populations locales qu’il y a d’autres chemins de vie possibles, que le tourisme, s’il est pratiqué de façon respectueuse et responsable peut à la fois être porteur d’économie, impacter positivement l’image d’un territoire et redonner de la dignité aux populations locales.
Comment le COVID a-t-il affecté le tourisme colombien ?
Le COVID-19 a provoqué l’effondrement le plus brutal de l’histoire du tourisme colombien : −68,2 % des arrivées d’étrangers non résidents en 2020, une chute qui a ramené les flux (893 864 étrangers) en dessous de leur niveau de 2010 (1,47 million)33. Les frontières colombiennes ont été fermées de mi-mars à septembre 2020 ; en avril, le pays n’a enregistré que 568 arrivées toutes catégories confondues1.
La chronologie de la reprise
| Année | Étrangers non résidents | Colombiens non résidents | Croisiéristes |
|---|---|---|---|
| 2019 | 2 814 025 | 955 206 | 361 529 |
| 2020 | 893 864 | 357 545 | 144 750 |
| 2021 | 1 395 265 | 731 669 | 19 007 |
| 2022 | 3 279 931 | 1 274 093 | 170 459 |
Les trois catégories de visiteurs n’ont pas suivi la même trajectoire. Les étrangers non résidents ont été les plus rapides à revenir : dès 2022, leur volume dépassait 2019 de 16,6 %. La diaspora colombienne a suivi un rythme comparable, retrouvant son niveau pré-pandémie en 2022 (+33 %). Les croisiéristes, en revanche, ont été les plus lents à revenir, quasi inexistants en 2021 (19 007 passagers, −95 % vs 2019) ; le trafic de croisière n’a retrouvé son niveau pré-pandémie qu’en 2023. Ce décalage s’explique par les contraintes opérationnelles propres aux compagnies maritimes (repositionnement des navires, rétablissement des itinéraires caribéens).
Une reprise plus rapide que la moyenne mondiale
La Colombie a retrouvé et dépassé son niveau pré-pandémie dès 2022, alors que, selon l’ONU Tourisme12, le tourisme mondial n’a rejoint son niveau de 2019 qu’en 2024, avec 1,44 milliard d’arrivées internationales. En 2025, le cap a été largement dépassé : 1,52 milliard d’arrivées, soit +4 % par rapport à 202412.
Plusieurs facteurs expliquent cette avance : la proximité du marché nord-américain (les États-Unis, premier émetteur, ont repris très tôt), un taux de change peso/dollar favorable aux visiteurs, et le renforcement de la connectivité aérienne, notamment vers Medellín, pendant la période de reprise.
Une recomposition durable des marchés émetteurs
Le COVID n’a pas seulement creusé un trou, il a redessiné la carte du tourisme colombien. Les marchés de proximité latino-américains ont rebondi nettement plus vite que les marchés lointains. Le Mexique a doublé son volume entre 2019 et 2025 (+108 %), le Costa Rica l’a triplé (+243 %), la République Dominicaine l’a quadruplé (+290 %). À l’inverse, les marchés européens ont mis trois à quatre ans pour retrouver leur niveau de 2019 : la France n’y est parvenue qu’en 2024, l’Allemagne n’y est toujours pas. Cette recomposition explique le reclassement de plusieurs pays européens dans la hiérarchie des émetteurs : la France, par exemple, est passée du 10ᵉ au 13ᵉ rang non par recul de ses volumes, mais par irruption de concurrents latino-américains plus dynamiques.
Ce que le COVID a changé structurellement
Au-delà de la reprise quantitative, la pandémie a accéléré deux tendances de fond. D’une part, la montée en puissance de Medellín/Antioquia comme destination internationale, la pandémie ayant accéléré l’essor du travail à distance, dont Medellín a bénéficié comme destination privilégiée des nomades numériques30.
D’autre part, la reprise de destinations fortement fragilisées par la pandémie : San Andrés et le Chocó accusaient encore un retard fin 2024 par rapport à 2019, (−8,8 % et −38,5 %), avant de repasser en positif en 2025 (+26 % et +23 %)9.

L’avis d’Angélica & Samuel
Nous avons vécu cette période de près et constaté des changements impressionnants entre l’avant et l’après-covid. Certains de nos partenaires ont mis la clef sous la porte et ont totalement changé de secteurs d’activités. Cela a été le cas de nombreux guides, agences, hôtels, restaurants qui ont vu dans le tourisme une activité désormais trop risquée. Mais comme si le tourisme avait peur du vide, les nouveaux projets se sont également multipliés et on constate notamment une explosion du nombre de guides indépendants qui viennent concurrencer les acteurs établis et fragiliser le secteur (casse des prix, tensions locales, informalité…)
Quelle est la saisonnalité du tourisme en Colombie ?
Le tourisme étranger en Colombie suit un rythme à deux pics, dont la hiérarchie surprend : décembre est le mois le plus fort, avec environ 19 % de visiteurs de plus que la moyenne mensuelle, devant juillet (+14 %) et août (+10 %).
Les mois les plus creux sont mai (−11 % par rapport à la moyenne) et septembre (−9 %).
L’écart entre le mois le plus fort et le plus faible reste modéré (environ 33 %), bien inférieur à celui d’autres destinations, comme le pourtour méditerranéen, où le mois d’août peut attirer deux fois plus de visiteurs que le mois le plus creux.
Les mois intermédiaires (janvier à avril, juin, octobre) oscillent entre 92 et 100, sans écart significatif. Mars (100,3) est le plus proche de la moyenne annuelle ; janvier (93,1), malgré son appartenance à la haute saison climatique, reste en deçà, signe que ce qui dicte les flux, ce sont les calendriers de vacances des pays émetteurs plutôt que le climat colombien.
Indice saisonnier des arrivées étrangères (moyenne 2019, 2022–2025)
| Mois | Indice (100 = moy. mensuelle) | Lecture |
|---|---|---|
| Janvier | 93,1 | Basse saison |
| Février | 97,7 | Saison intermédiaire |
| Mars | 100,3 | Saison intermédiaire |
| Avril | 92,2 | Basse saison |
| Mai | 89,4 | Creux |
| Juin | 95,1 | Saison intermédiaire |
| Juillet | 114,2 | Haute saison |
| Août | 110,4 | Haute saison |
| Septembre | 91,5 | Creux |
| Octobre | 93,1 | Basse saison |
| Novembre | 104,4 | Saison intermédiaire haute |
| Décembre | 118,6 | Pic absolu |
Pourquoi cette double saisonnalité ?
Les deux pics correspondent à la convergence de flux d’origines distinctes. En décembre, trois dynamiques se superposent : les vacances d’hiver nord-américaines et européennes, les fêtes de fin d’année colombiennes, et le retour de la diaspora, ce dernier facteur expliquant que décembre surpasse juillet malgré un nombre de jours de vacances comparable. En juillet-août, ce sont les grandes vacances européennes et les vacances colombiennes qui se combinent, avec un pic du marché français (10 935 visiteurs en juillet 2025) et du marché américain.
Le cas de novembre est notable : il se positionne au-dessus de la moyenne (104,4), porté par un faisceau de marchés simultanément actifs sans pic émetteur dominant.
Une haute saison qui se concentre
La saisonnalité n’est pas figée. Entre 2019 et 2025, décembre a encore renforcé sa domination : il attirait 10 % de visiteurs de plus que la moyenne en 2019, il en attire désormais 19 % de plus. À l’inverse, février et mars, autrefois des mois de haute saison, sont retombés dans la moyenne. La haute saison se resserre donc autour de deux fenêtres, juillet-août et novembre-décembre, au détriment du début d’année. Cette évolution reflète la montée en puissance du marché américain, dont le calendrier de vacances (été, Noël) structure de plus en plus le profil saisonnier colombien.
Focus : le calendrier français, un rythme à part
La saisonnalité française est radicalement différente du profil global. L’écart entre le mois le plus fort et le mois le plus faible est deux fois plus marqué pour les Français que pour l’ensemble des visiteurs et les pics ne tombent pas aux mêmes mois.
| Mois | Indice France | Indice global | Écart |
|---|---|---|---|
| Janvier | 117,3 | 93,1 | +24,2 |
| Février | 135,7 | 97,7 | +37,9 |
| Mars | 100,7 | 100,3 | +0,4 |
| Avril | 93,7 | 92,2 | +1,5 |
| Mai | 70,7 | 89,4 | −18,7 |
| Juin | 72,6 | 95,1 | −22,5 |
| Juillet | 138,7 | 114,2 | +24,6 |
| Août | 121,9 | 110,4 | +11,5 |
| Septembre | 64,6 | 91,5 | −26,8 |
| Octobre | 76,1 | 93,1 | −17,0 |
| Novembre | 90,9 | 104,4 | −13,5 |
| Décembre | 117,1 | 118,6 | −1,5 |
Un voyageur français qui choisit septembre ou octobre trouvera moins de compatriotes, des prix plus bas et une disponibilité hôtelière plus large. Pour une analyse détaillée de la saisonnalité française et ses implications pratiques, consultez notre Focus France : Les Français en Colombie.
Combien de Français visitent la Colombie ?
La France est le 14ᵉ marché émetteur de la Colombie avec 92 884 visiteurs en 2025 (nouveau record historique, +5,5 % vs 2024), soit 2,0 % du total. C’est le premier marché francophone, le premier marché européen non hispanophone et le deuxième marché européen global1.
Avant la pandémie, la France occupait le 10ᵉ rang avec 86 657 visiteurs (2019)19. Le COVID a fait chuter ce flux de 70 % en 2020. La reprise a été lente : fin 2022, le marché français accusait encore un déficit de 24 % par rapport à 2019, et il a fallu attendre 2024 pour retrouver puis dépasser le niveau pré-pandémie.
Le recul de rang (10ᵉ → 13ᵉ) ne traduit pas un affaiblissement de la France, mais l’irruption de marchés à croissance plus rapide (Costa Rica, République Dominicaine, Canada) qui l’ont dépassée entre-temps.
La Colombie attire aussi une communauté française croissante : en mars 2026, 5 084 Français étaient inscrits au registre consulaire17, un chiffre qui sous-estime la présence réelle, puisque l’inscription n’est pas obligatoire.
Pour une analyse complète du marché français (évolution sur 10 ans, saisonnalité, destinations préférées, profil du voyageur et données exclusives) consultez notre article dédié : Les Français en Colombie : 92 884 visiteurs en 2025, données et tendances.
Où en est la Colombie dans le tourisme mondial ?
En 2025, la Colombie est le deuxième pays d’Amérique du Sud accueillant le plus de visiteurs non résidents (6,5 millions1 3), derrière le Brésil (9,3 millions20) et devant le Chili (6 millions21) et l’Argentine (5,6 millions22).
Pour situer la Colombie dans un contexte plus large : en 2025, l’ensemble du continent américain (Amérique du Nord, Centrale, du Sud et Caraïbes) a accueilli 218 millions de visiteurs internationaux12 et la Colombie en a capté environ 3 %. À l’échelle mondiale, où 1,52 milliard de voyageurs ont franchi une frontière en 202512, sa part tombe à 0,4 %. Autrement dit, la Colombie pèse lourd en Amérique du Sud, mais reste une destination confidentielle vue de l’étranger, ce qui représente à la fois sa limite actuelle et sa marge de progression.
La Colombie dans le tourisme sud-américain (2025)
| Rang | Pays | Visiteurs non résidents |
|---|---|---|
| 1 | Brésil | 9,3 millions |
| 2 | Colombie | 6,5 millions |
| 3 | Chili | 6,0 millions |
| 4 | Argentine | 5,6 millions |
Une trajectoire de croissance hors norme
Ce qui distingue la Colombie, c’est moins son volume que sa vitesse de croissance.
Sur la période 2019–2025, les arrivées étrangères ont progressé de 66 %, soit l’équivalent d’un rythme annuel moyen de +8,8 %, étant entendu que ce rythme cache l’effondrement de 2020 et le rebond exceptionnel de 2022–2023, et pas une progression régulière.
En matière de compétitivité touristique, la Colombie a gagné 6 places dans le Travel & Tourism Development Index du Forum économique mondial, passant de la 56ᵉ à la 50ᵉ position sur 119 pays évalués, un classement qui mesure la capacité d’un pays à développer un tourisme durable et compétitif (publié en mai 2024)13. Elle se situe au 4ᵉ rang en Amérique latine, derrière le Mexique, le Brésil et le Costa Rica.
Perspectives : entre ambitions et réalisme
L’objectif affiché par la présidente de ProColombia est de dépasser 7 millions de visiteurs non résidents32. La Colombie l’avait déjà atteint en 2024 (7,07 millions) avant de retomber à 6,5 millions en 2025 sous l’effet du recul de la diaspora. Cet objectif est donc à portée de main si les retours de Colombiens résidant à l’étranger se stabilisent.
Les projections du WTTC sont nettement plus ambitieuses : une contribution totale du tourisme (directe + indirecte + induite) de 5,3 % du PIB d’ici 203414. Ce chiffre n’est pas directement comparable aux 2,16 % mesurés par le DANE, qui ne retient que la valeur ajoutée directe (note D). Sur sa propre méthodologie, le WTTC projette ainsi une trajectoire de croissance, à laquelle s’ajouterait une part de la main-d’œuvre liée au secteur passant à 7,1 % d’ici 2034. Ces projections supposent une diversification massive de l’offre (au-delà du triangle Bogotá–Medellín–Cartagena) et des investissements soutenus dans les infrastructures et la sécurité régionale.
Le contexte macroéconomique est porteur : le PIB colombien a progressé de +2,6 % en 202515. La grande branche « commerce, transport, hébergement et restauration » a crû de +4,6 %, mais ce chiffre est tiré par le commerce de détail (+7,5 %). La sous-branche la plus liée au tourisme (hébergement et restauration) n’a progressé que de +0,5 %15 en termes réels (hors inflation) (voir Recettes et PIB).
L’investissement territorial dans le tourisme dépasse 1 200 milliards COP entre août 2022 et juin 2025, répartis sur 654 municipalités des 32 départements16, un effort de maillage territorial sans précédent, mais dont les effets restent à mesurer : en 2025, quatre départements captent encore 87 % des flux9.

L’avis d’Angélica & Samuel
À notre niveau les perspectives pour le tourisme en Colombie sont floues, ou plutôt sont ambivalentes. On voit à la fois s’ouvrir toujours plus de nouvelles routes aériennes, pas seulement internationales, mais aussi internes pour faciliter la connexion à travers le pays, mais le réseau routier est encore très chaotique et aurait besoin d’investissement. Après les accords de paix, on a vu s’ouvrir de nombreuses régions jusque-là infréquentables (Urabá, Guaviare, Guainía, Casanare, Nariño, Cauca, etc.), mais leur situation reste fragile et mériterait un soutien constant de la part de l’État colombien. Ce phénomène se traduit notamment par des campagnes de promotion éphémères, qui boostent de nouveaux territoires qui retombent ensuite dans l’oubli. Notre travail reste et restera de travailler sur le temps long, montrer les différents visages de la Colombie, et essayer d’ouvrir le champ des possibles à nos lecteurs.
FAQ — Le tourisme en Colombie en question
En 2025, la Colombie a accueilli 4 677 267 étrangers non résidents, un troisième record consécutif1. En incluant la diaspora et les croisiéristes, le total atteint 6 496 434 visiteurs non résidents1 3, en recul de 8,2 % par rapport au record de 2024 (7 074 480), un recul imputable à la baisse des retours de la diaspora colombienne et non à un repli du tourisme étranger.
Les États-Unis dominent avec 25,4 % des arrivées en 2025 (1 187 678 visiteurs), suivis du Mexique (8,8 %), de l’Équateur (6,9 %) et du Pérou (5,4 %).
En 2025, 92 884 Français ont visité la Colombie, un nouveau record (+5,5 % vs 2024)1. La France est le 13ᵉ marché émetteur, le 1ᵉʳ marché francophone et le 2ᵉ européen après l’Espagne1. Voir notre analyse complète du marché français.
Bogotá (36 %), Antioquia/Medellín (27 %), Bolívar/Cartagena (19 %) et Valle del Cauca/Cali (6 %) concentrent environ 87 % des flux touristiques en 20259.
Notes, sources et méthodologie
Ce rapport compile et analyse les données de sources officielles colombiennes (MinCIT, DANE, ProColombia, Presidencia de la República, Banco de la República, ANATO, Aeronáutica Civil, Fontur) et internationales (ONU Tourisme, Forum économique mondial, WTTC, ainsi que les instituts statistiques du Brésil, du Chili et de l’Argentine pour les comparaisons régionales).
Une précision sur ce travail. Les chiffres et analyses présentés dans ce baromètre sont issus d’un travail de compilation et d’analyse mené par nos soins à partir de sources publiques. Nous ne sommes ni l’OEE, ni le DANE, ni un institut de recherche : nous sommes deux observateurs du tourisme colombien qui ont voulu rendre accessible en français un corpus de données dispersé et techniquement complexe. Toute erreur de calcul ou d’interprétation est de notre responsabilité. Si vous repérez une incohérence, nous vous serions reconnaissants de nous la signaler à contact : nous corrigeons les erreurs avérées dans la version en ligne et tenons le journal des révisions à jour.
Note méthodologique
[A] – Périmètre des visiteurs non résidents et rupture de série 20221 3 31
Les statistiques colombiennes distinguent trois catégories de visiteurs non résidents : les étrangers non résidents (ne possédant pas la nationalité colombienne), les Colombiens résidant à l’étranger (diaspora de retour), et les passagers de croisières internationales. Ces données comptabilisent tous les motifs d’entrée sur le territoire (tourisme de loisir, affaires, transit, études de courte durée) et ne permettent pas d’isoler le tourisme de loisir stricto sensu. Les données 2019 reposent sur les registres Migración Colombia (ancienne méthodologie). À partir de 2022, la méthodologie est alignée sur les préconisations d’ONU Tourisme, intégrant les trois catégories ci-dessus. Ces deux séries ne sont pas directement comparables ; elles sont présentées séparément dans cet article, et les variations 2019–2025 sont indiquées à titre indicatif uniquement. Les années 2020–2021, marquées par la fermeture des frontières et une reprise partielle, sont exclues des tableaux principaux pour en faciliter la lecture ; les données complètes sont disponibles dans le fichier source OEE MinCIT. Pour les tableaux incluants 2022, la variation est calculée par rapport à 2019 ; à partir de 2023, la variation est annuelle.
[B] – Écart OEE MinCIT vs ProColombia pour la diaspora 20251 3
Le fichier statistique de l’OEE du MinCIT (actualisé en mars 2026) comptabilise 987 050 Colombiens résidant à l’étranger pour 2025, pour un total de 5 985 195 visiteurs non résidents. Les communiqués officiels de ProColombia et de l’ANATO, publiés sur la même période, indiquent 1 498 600 Colombiens résidant à l’étranger pour un total de 6 496 434. Cette divergence est documentée dans le fichier CSV lui-même, dont la note interne précise que « les chiffres des Colombiens résidents à l’étranger sont préliminaires jusqu’à 1 an » et décrit un mécanisme de traitement rétroactif : Migración Colombia complète après coup le pays de résidence des voyageurs en recoupant avec leurs passages antérieurs, ce qui peut faire évoluer les chiffres plusieurs mois après leur publication initiale. Ce mécanisme a gonflé les chiffres 2024 et peut encore faire évoluer ceux de 2025. Nous retenons dans cet article le chiffre consolidé de 6 496 434, cohérent avec les publications officielles et le taux de variation de −33,7 % documenté par l’ANATO. Les séries de croisiéristes (320 567) sont identiques dans les deux sources. Pour les étrangers non résidents, l’écart est de 311 personnes (4 677 267 retenu dans cet article, contre 4 677 578 dans le fichier OEE), un écart marginal lié aux révisions mineures rétroactives, sans incidence sur les analyses. Il convient de noter que ProColombia et l’ANATO ne produisent pas leurs propres données de fréquentation : leurs publications reprennent et commentent les chiffres MinCIT/Migración Colombia, du DANE, et de Credibanco, traitées par ProColombia. Pour les données colombiennes, aucune source mobilisée dans cet article ne constitue une source primaire indépendante de MinCIT, DANE ou Migración Colombia. Les comparaisons régionales s’appuient, elles, sur les instituts statistiques nationaux de chaque pays (Embratur, SERNATUR, INDEC). La cohérence constatée entre les publications colombiennes et le chiffre retenu constitue donc une vérification inter-publications, non une triangulation entre sources indépendantes.
[C] – Marchés émetteurs : périmètre et exclusions 1 19
Les tableaux de marchés émetteurs couvrent les étrangers non résidents uniquement, hors Colombiens résidant à l’étranger et hors croisiéristes, afin de mesurer la dynamique propre aux flux touristiques étrangers sans distorsion liée aux aléas méthodologiques du comptage de la diaspora (voir note B). Les années 2020, 2021 et 2022 sont volontairement exclues des tableaux pour en faciliter la lecture ; elles ne reflètent pas les dynamiques structurelles du marché. Les données complètes 2020–2025 sont disponibles dans le fichier source OEE MinCIT et dans le portail Datos Abiertos Colombia. Venezuela : exclu du tableau. Deux raisons concourent à cette exclusion. D’une part, la catégorie « résidents au Venezuela » n’a été introduite dans la méthodologie qu’à partir de 2020, ce qui empêche toute comparaison historique fiable avec 2019. D’autre part, le flux du Venezuela vers la Colombie relève majoritairement d’un phénomène migratoire structurel (population vénézuélienne en transit, en installation, ou en allers-retours familiaux frontaliers) plutôt que d’un marché touristique au sens des standards ONU Tourisme. Le maintenir dans un classement « marchés émetteurs » donnerait une lecture trompeuse, d’où son retrait.
[D] – Cuenta Satélite de Turismo : périmètre, couverture temporelle et comparabilité1 2 5
La Cuenta Satélite de Turismo (CST) du DANE mesure la valeur ajoutée directe du secteur touristique (international et domestique), c’est-à-dire ce qui reste une fois soustraits les coûts intermédiaires. Elle est structurellement inférieure aux recettes en devises, qui mesurent les flux bruts entrants. La CST intègre le tourisme domestique, que les recettes en devises n’incluent pas. Pour 2025, seuls les comptes nationaux trimestriels offrent un indicateur indirect (branche hébergement et restauration) ; la CST 2025 sera publiée au second semestre 2026. Les données 2024 sont provisionnelles. Par ailleurs, la CST 2024 comptabilise 4,4 millions de touristes non résidents (étrangers par voie aérienne uniquement), là où le MinCIT en recense 7,1 millions toutes catégories (4,5 millions étrangers non résidents + 2,3 millions Colombiens résidant à l’étranger + 0,3 millions croisiéristes) sur la même année. Ces métriques sont complémentaires et non substituables. Le total MinCIT 2024 de 7,1 millions correspond aux données finales consolidées ; la Presidencia de la República avait initialement communiqué 6,7 millions en janvier 2025, avant révision à la hausse. Les projections du World Travel & Tourism Council (WTTC) citées dans cet article relèvent d’une autre méthodologie et ne sont pas directement comparables aux mesures DANE : le WTTC additionne l’impact direct, indirect (fournisseurs) et induit (dépenses des employés du secteur), tandis que la CST DANE ne retient que la valeur ajoutée directe. Les ratios WTTC sont donc structurellement plus élevés ; les évolutions WTTC ne se comparent qu’à elles-mêmes (WTTC 2024 vs WTTC 2034), pas aux séries DANE.
[E] – Destinations déclarées : méthode et biais de comptage 1 19
Les chiffres de fréquentation par ville reposent sur l’adresse de destination déclarée par le voyageur à l’entrée du territoire colombien (Migración Colombia). Un même visiteur ne figure qu’une fois dans la série, affecté à sa première ville de destination déclarée. Cette méthode tend à surestimer les hubs d’entrée (Bogotá, Medellín), par lesquels transitent de nombreux voyageurs avant de rejoindre une destination secondaire, et à sous-estimer les destinations secondaires (un voyageur passant par Bogotá puis Cartagena n’est comptabilisé qu’à Bogotá). Les données 2019 proviennent de la série Datos Abiertos Colombia ; les données 2023-2025 proviennent du fichier OEE MinCIT, dont la méthodologie de collecte a été révisée en 2022 (voir note A) ; les comparaisons 2019 – 2025 sont donc indicatives. Norte de Santander (Cúcuta) est exclu des tableaux : les flux enregistrés dans ce département sont majoritairement migratoires et ne reflètent pas une fréquentation touristique. Cette exclusion s’applique également au dénominateur utilisé pour les pourcentages de répartition géographique : les parts par ville et par département présentées dans ce chapitre sont calculées sur le total des arrivées étrangères hors Norte de Santander (4 596 293 en 2025), et non sur le total brut national (4 677 267). Un lecteur recalculant les ratios à partir du total ouverture trouvera donc des valeurs légèrement inférieures (de l’ordre de 1 à 1,5 point) à celles affichées dans les tableaux.
[F] – Indice saisonnier : base et méthode de calcul1
L’indice saisonnier est calculé sur la base des années 2019 et 2022–2025, les années COVID (2020–2021) étant exclues en raison de la fermeture des frontières qui fausse toute lecture saisonnière. L’indice 100 correspond à la moyenne mensuelle théorique, obtenue en divisant le total annuel par 12. Un indice de 118 signifie que ce mois attire 18 % de visiteurs de plus que la moyenne mensuelle. Le même mode de calcul est appliqué à l’indice saisonnier du marché français pour permettre une comparaison directe.
[G] – Comparaison régionale Amérique du Sud : périmètre et sources 1 3 12 20 21 22
Les chiffres retenus pour la comparaison régionale correspondent aux visiteurs non résidents au sens large (étrangers + diaspora + croisiéristes le cas échéant), afin de maximiser la comparabilité entre pays dont les méthodologies de comptage présentent des différences de détail. Le chiffre colombien 2025 (6,5 millions) intègre les données consolidées de ProColombia/MinCIT pour le segment diaspora, encore en cours de traitement rétroactif (voir note B) ; le classement est donc indicatif. Les sources nationales mobilisées sont : Embratur pour le Brésil, SERNATUR pour le Chili, INDEC pour l’Argentine, ONU Tourisme pour les données mondiales et continentales.
[H] – Microdonnées EVI34
L’Encuesta de Visitantes Internacionales (EVI) du DANE est conduite dans les salles de départ des quatre aéroports internationaux colombiens (El Dorado à Bogotá, José María Córdova à Medellín, Alfonso Bonilla Aragón à Cali, Rafael Núñez à Cartagena) et au terminal de croisières de Cartagena. Les visiteurs sont interrogés à leur départ de Colombie sur l’ensemble du séjour qui vient de s’achever : durée, départements visités, hébergement, dépenses, motifs réels, satisfaction.
Le baromètre s’appuie en première intention sur les données Migración Colombia (passages aux frontières, exhaustifs, mais déclaratifs à l’arrivée) ; l’EVI sert de complément qualitatif là où la déclaration d’arrivée ne suffit pas — typiquement pour distinguer un voyage déclaré « vacances » qui s’avère dominé par la famille ou le travail, pour mesurer la dispersion géographique réelle d’un circuit, ou pour comparer les profils des marchés émetteurs au-delà des seuls volumes.
Les indicateurs comparatifs mobilisés dans cet article portent sur la sous-population des vacanciers en circuit multi-étapes, calculée à partir des microdonnées EVI : voyageurs non résidents, mode aérien, motif « Vacaciones, recreo u ocio », séjour compris entre 1 et 30 nuits, et pernoctation dans au moins deux départements distincts. Ce filtre isole le tourisme itinérant en excluant les visites familiales, les voyages d’affaires, les étudiants et les séjours longs dont les durées extrêmes biaisent les moyennes. Les moyennes pondérées suivent le protocole DANE (DSO-EVI-MET-001) : Σ(X × fexp) / Σ fexp. Période couverte : août 2023 — juin 2025. Pour le détail méthodologique complet, voir la note [C] de notre Focus France.
Prochaine mise à jour : mars-avril 2027 (données complètes 2026).
Notes et références
- Llegada de extranjeros no residentes, OEE MinCIT, mars 2026 — mincit.gov.co — XLSX
- Récord en turismo 2024, Presidencia, 21 janv. 2025 — presidencia.gov.co
- Cifra histórica en divisas por turismo, ProColombia, 4 mars 2026 — procolombia.co
- El turismo creció 0,2%, Portafolio / ANATO, 20 août 2025 — portafolio.co
- Cuenta Satélite de Turismo 2024, DANE — PDF
- Balanza de Pagos, Banco de la República via MinCIT, janv. 2026 — mincit.gov.co — PDF
- Gasto turístico promedio Q1 2025, ANATO, juin 2025 – anato.org
- Auge turístico y proyecciones 2025, Presidencia, 1ᵉʳ déc. 2025 – presidencia.gov.co
- Extranjeros No Résidentes por municipio de destino, OEE MinCIT — même source que [1]
- Llegada de turistas internacionales, ProColombia, 25 août 2025 — procolombia.co
- Balance turismo 2025, Ladevi Colombia, 10 mars 2026 — ladevi.info
- World Tourism Barometer, ONU Tourisme, janv. 2026 — untourism.int
- Travel & Tourism Development Index 2024, WEF, mai 2024 — weforum.org — PDF
- Economic Impact Research 2025 – Colombia, WTTC, 30 mai 2025 – wttc.org
- PIB trimestriel 2025, DANE, 16 fév. 2026 — dane.gov.co — Boletín técnico PDF
- Turismo continúa su crecimiento, MinCIT, 7 oct. 2025 – mincit.gov.co
- Relations bilatérales France–Colombie, MEAE, 31 mars 2026 — diplomatie.gouv.fr
- Revisión de la actividad turística en Colombia, ProColombia / DNP, 2020 – PDF
- Extranjeros No Residentes, Datos Abiertos Colombia, MinCIT – datos.gov.co
- Arrivées internationales 2025, Embratur, 6 janv. 2026 – embratur.com.br
- Turistas extranjeros 2025, SERNATUR, 18 fév. 2026 – sernatur.cl
- Arrivées non résidents 2025, INDEC, janv. 2026 – PDF
- Gasto por tarjeta de crédito 2025, ANATO / Credibanco, 12 fév. 2026 — anato.org
- Cinco territorios emergentes, MinCIT/Cotelco/ProColombia, déc. 2025 — procolombia.co
- Morts suspectes de touristes à Medellín, La Presse, 7 fév. 2024 — lapresse.ca
- Nómadas digitales en Medellín, El Colombiano, 11 juin 2024 — elcolombiano.com
- Res. 5477 (visa nómada digital), Min. Relaciones Exteriores, oct. 2022 – cancilleria.gov.co
- Turistas extranjeros en Medellín +26 %, Alcaldía de Medellín, sept. 2024 — medellin.gov.co
- Turismo en Medellín +23 % en 2024, Portafolio, 22 avr. 2025 — portafolio.co
- Medellín, destino para nómadas digitales, El Tiempo, 11 sept. 2022 – eltiempo.com
- Compte Satellite du Tourisme (méthodologie), ONU Tourisme — untourism.int
- Tribune de Carmen Caballero, présidente ProColombia, oct. 2025 — cambiocolombia.com
- Visita de extranjeros creció 8,9 % en 2010, El Tiempo, 22 fév. 2011 – eltiempo.com
- Encuesta de Visitantes Internacionales, DANE — EVI, août 2023 — juin 2025 — dane.gov.co







