Avez-vous idée, quand on évoque la Colombie dans une conversation, du % de chance que l’on a d’avoir, dans le meilleur des cas, une allusion à Pablo Escobar, aux cartels, et/ou à la cocaïne  ? Je vous le donne en mille, allez, on prend les paris, roulement de tambour, les jeux sont faits  : 99,99%, tout simplement

Oh mais ça va, c’est bon ! Un peu d’humour quoi  ! On peut bien rigoler un peu merde ! On l’a pas inventé, il a bien existé Pablo, et la production de cocaïne c’est pas du pipo non plus, alors quoi  !

Saviez-vous que lorsque l’on s’occupe d’un blog sur la Colombie on reçoit quantité de messages, de commentaires, venant de lecteurs qui cherchent de l’aide dans la préparation de leur prochain voyage. Avez-vous idée du contenu de certains de ces messages  ?

Bonjour, à combien c’est le gramme de cocaïne en ce moment  svp  ? Bonjour, est-ce que c’est facile d’acheter de la cocaïne dans la rue svp  ? Bonjour, c’est dangereux d’acheter de la cocaïne en Colombie svp  ?

Les gens sont polis, même les touristes nécrophiles peuvent être polis, ils disent bonjour, ils disent s’il vous plaît. Nécrophiles, parce que quand on sait ce que la cocaïne représente en Colombie, on peut dire qu’en la consommant on se rempli de mort, on se met de la mort plein les naseaux, la mort d’un pays, la mort de régions entières, la mort de villages, de quartiers, la mort de familles, la mort d’enfants, la mort, tout simplement.

Nécrophiles, comme vous y allez  ! C’est bon, si on prend de la C c’est juste pour tenir le coup ou s’amuser quoi ! On peut plus faire la fête ? Faut pas exagérer non plus ho !

Et puis régulièrement on lit la presse colombienne, on écoute la radio colombienne à la maison, enfin on se tient au jus quoi, et on découvre des histoires morbides, des proxénètes étrangers qui font de l’esclavage sexuel sur la côte caraïbe pour les touristes friqués et avides de chaire fraîche, des touristes étrangers qui payent pour pouvoir violer des enfants, des bateaux qui proposent à la jetset des soirées all inclusive, repas, boisson, prostituée et cocaïne… tout simplement.

On voit passer tout ça, et on a l’estomac qui remonte, les boyaux qui se tordent, l’envie de vomir qui resurgit parce qu’on sait très bien qui sont les victimes de tout cela, on voit leurs visages, on voit les femmes qu’on oblige, les jeunes qu’on force, les enfants qu’on abuse, et ces gros porcs qui s’en mettent plein le nez, on les imagine très bien également c’est gros porcs, et les poings se serrent, tout simplement.

Et qu’est-ce qu’on voit passer hier dans nos fils d’actualité poubelle sur les réseaux sociaux  ? Qu’est-ce qu’on voit passer  ? On apprend qu’un super lieu colombien a ouvert à Paris, un lieu de fête génial inauguré à grand coup de selfies de jetseteur, d’instagrammeur et d’auto-proclamés influenceurs.

Au programme  ? On entre en demandant Popeye (c’était un Sicario, disons plus l’homme de main numéro 1 de Pablo Escobar) avec le mot de passe «  plata o plomo  » le fameux slogan préféré de la funeste série Narcos dont tout le monde raffole. On y trouvera une valise remplie de faux paquets de cocaïne, une tombe de Pablo Escobar avec l’épitaphe «  Amado por todos  », un cocktail «  à la poudre magique  », un autre qu’on nomme «  columbian mule  » avec une belle faute qui montre tout l’amour du gérant pour la Colombie (pour info une mule est la personne qui transporte la drogue pour les trafiquants), un autre «  Cabron, Cartel pisco sour  » autrement dit, un cocktail «  Enculé, le pisco sour des cartels  », on profitera également du Margarita Bar en hommage aux femmes de Pablo… tout simplement.

PETITION : La communauté colombienne est secouée par cette histoire au point d’avoir lancé une pétition pour demander la fermeture du lieu. Nous soutenons cette initiative et vous encourageons à Signer la pétition également pour marquer votre soutien

Voici donc le « Medellin » à Paris. Un lieu qui selon le propriétaire est un hommage à la culture sud-américaine et notamment à la Colombie et à Medellín. Et c’est vrai, quoi de mieux que la figure de Pablo Escobar et les références aux narcos pour représenter cette ville  !

Bah quoi, il fallait bien trouver une icône et quand on parle de Medellín on pense à qui  ? Hein  ? Bah voilà, donc faut arrêter l’hypocrisie !

C’est en substance le discours de ces chers philanthropes.

Alors vous l’aurez compris dans ce post, les idées s’emmêlent, tout se mélange, ça dégueule des mots sans queue ni tête, parce que l’émotion, trop forte, parce que le rouge aux joues, parce que les larmes aux yeux, parce que la rage, la rage tout simplement.

Nous, on a ouvert ce blog parce qu’on voulait participer à notre façon à changer l’image d’un pays que nous aimons de tout notre cœur. On avait envie de montrer ce qu’il y avait de beau et de bon. On se disait que les choses étaient en train de changer, que les stéréotypes s’estompaient, que les clichés avaient du plomb dans l’aile… mais en fait il faut juste admettre qu’il reste encore beaucoup de chemin à parcourir, tout simplement.

L’occasion était trop belle, la perche trop bien tendue… faut dire que cela faisait quelque temps déjà que ça m’émoustillait les phalanges, que les baffes attendaient sagement de vouloir sortir…

Alors à tous ceux qui trouve que « la morale, ça va deux minutes », qu' »on n’est pas là pour se faire emmerder par des relous qui veulent nous empêcher de faire la fête », que « c’est pas un bar, un gramme de C, ou un voyage en Colombie qui vont changer la situation du pays », on va juste leur demander de Fermer leur P%$*& de gueule de décérébrés réfléchir deux minutes.

Pablo Escobar N’EST PAS un personnage de roman ! Pablo Escobar a le visage de la mort, il représente la terreur, une violence que vu de France on ne peut même pas imaginer, tortures, exécutions, massacres, viols, extorsions, je te fais un dessin  ? Il représente une période terrible de l’histoire de la Colombie.

Et toi, le parisien quand tu t’émoustilles en jouant au narco dans un bar, ou toi le touriste quand tu veux faire le Pablo Tour à Medellín, tu sais ce que tu fais ? Tu regardes un peuple en train de se noyer et tu lui appuies la tête pour qu’il ne puisse surtout pas sortir la tête de l’eau, tu le condamnes, tout simplement.

Mais ce qu’il faut comprendre c’est que la cocaïne et le trafic reste un fléau contemporain, mais des groupes armés agissent comme une mafia et tiennent dans leur main la vie de milliers de paysans dans les campagnes colombiennes, de milliers de jeunes enrôlés sous leurs ordres, passeurs, mules, de milliers de famille obligés de payer la rançon pour être en sécurité, on parle d’hommes et de femmes qui vivent dans la peur et la misère pour que toi le parisien branché décérébré tu te la mettes bien profond dans les narines  ! Tu la sens la mort dans tes naseaux  ? Tu la sens  ? Tu la sens  ? TU LA SENS  !!

PETITION : La communauté colombienne est secouée par cette histoire au point d’avoir lancé une pétition pour demander la fermeture du lieu. Nous soutenons cette initiative et vous encourageons à Signer la pétition également pour marquer votre soutien